Pascal Charpentier

La faiblesse de notre dollar pourrait durer longtemps…

Voici le graphique que Scott Barlow nous propose dans le Globe and Mail de ce matin.

oct30-2

Comme vous pourrez le constater, le dollar canadien a connu une longue chute, de 1976 (alors qu’il était à parité avec le dollar américain) jusqu’à 2002 (alors qu’il se situait à 62 sous).  Depuis 2013, le dollar est à nouveau à la baisse. Bien sûr, rien ne garantit que le même scénario se reproduira. Par contre, on peut s’attendre à ce que le phénomène puisse être de longue durée.  En d’autres mots, il n’est pas trop tard pour se positionner aux États-Unis dans nos investissements.

Selon Monsieur Barlow, deux vecteurs principaux influenceraient la valeur de notre dollar. Il s’agit du prix du baril de pétrole et de l’écart de rendement entre les obligations gouvernementales canadiennes et américaines.

Pour ce qui est du prix du pétrole, il ne devrait pas avoir un gros impact sur notre dollar à court terme. En effet, la corrélation des dernières années entre le dollar et le prix du pétrole indique que notre dollar aurait une valeur de 78 sous lorsque le baril se transige à 57 dollars, prix qui est anticipé en moyenne pour l’année 2016.

Par contre,  en ce qui concerne le deuxième vecteur, qui est l’écart de rendement obligataire entre nos deux pays, la tendance actuelle pourrait favoriser le dollar américain au cours des prochains temps. Voici pourquoi : Au cours des dernières années, les rendements des obligations canadiennes avaient été supérieurs à ceux des obligations américaines, ce qui a amené plusieurs investisseurs canadiens et américains à vouloir placer leurs revenus fixes au Canada. Ce phénomène s’est inversé cette année, l’écart sur les obligations gouvernementales de deux ans étant actuellement de 0,14% en faveur des obligations américaines. Une hausse des taux aux États-Unis d’1/4 de point seulement ferait monter cette différence à 0,40%, ce qui est assez pour accentuer la pression à la baisse sur notre dollar. Imaginez maintenant si la Banque du Canada décidait de baisser ses taux également. Cela ne ferait qu’exacerber la chute de notre dollar.

En résumé, il ne faut pas que le dollar soit au centre de nos décisions en investissement, mais il est bon de se rappeler que le phénomène de baisse du dollar canadien qui s’est accentué depuis un an n’est pas sur le point de s’inverser à court terme.

Source de l’image au haut de l’article : Terry Mosher.

Pascal Charpentier

Statistiques surprenantes

Au printemps dernier, Fidelity a publié une recherche qu’elle a faite sur ses clients afin de savoir quels groupes avaient connu les meilleurs rendements au cours de la période 2003-2013. De tous les groupes identifiés, ceux qui ont eu les meilleurs résultats étaient le groupe de clients qui étaient morts ! Il faut comprendre que lorsque quelqu’un décède, les actifs sont parfois gelés pour une très longue période de temps avant que la succession ne se règle. Il peut aussi arriver que les placements d’une personne qui décède soient complètement oubliés durant une longue période avant qu’ils ne soient réclamés. Tous les autres groupes de clients – les vivants –avaient connu de moins bons résultats que les morts ! Ce résultat surprenant démontre qu’il serait préférable pour nous aussi de faire le mort à l’occasion, c’est-à-dire ne rien faire et laisser le temps faire son œuvre.

J.-P. Morgan a aussi publié des statistiques sur un portefeuille indiciel équilibré. Au cours des vingt dernières années, le rendement de ce portefeuille a été de 8,7% alors que le rendement de l’ensemble des investisseurs américains aurait été 2,5%, une confirmation que les investisseurs ont un comportement avec leurs investissements qui ne les supportent pas à générer de très bons rendements. Les marchés ne sont donc pas à blâmer. Il faut plutôt regarder du côté des humains qui prennent les décisions. Force est de conclure qu’elles ne sont pas optimales. Cela peut s’expliquer par le fait que les marchés sont instables et imprévisibles alors que l’ensemble des humains recherche la certitude et les choses linéaires. La nature des marchés financiers est donc complètement aux antipodes des comportements  humains. Au lieu de s’adapter à cette réalité instable, les épargnants se laissent mener par leur instinct de survie et leur besoin de sécurité, avec pour résultat qu’une majorité vend lorsque c’est le temps d’acheter et achète lorsque c’est le temps de vendre. Bien que la plupart sachent cela, notre environnement médiatique omniprésent négatif finit par avoir raison de nos convictions et le doute s’installe. La plupart d’entre nous avons donc besoin d’être supportés et épaulés afin de contrecarrer toutes les émotions négatives véhiculées dans notre environnement actuel. Les précédentes statistiques démontrent qu’il est excessivement difficile pour le commun des mortels de prendreconstamment des décisions éclairées, rationnelles et optimum avec leur argent.

Cela demande aussi de la patience, dans notre monde qui zappe constamment. Voici un exemple d’une situation qui m’a demandé un peu de persistance : Il y a 5 ans, j’ai commencé à accumuler des actions de la compagnie Uni-Select. Pendant près de 4 ans, l’action n’a absolument rien fait. Puis, en l’espace de 12 mois,  elle a montée  de 250 %. La valeur de la compagnie était presque la même il y a 4 ans, mais le marché ne le reconnaissait pas du tout. Et puis, comme par magie, le titre s’envole. Si on avait tiré une ligne sur cet investissement il y a 12 mois, on aurait pu tirer la conclusion qu’il s’agissait d’un très piètre investissement de 1.68% de rendement composé annuellement sur 4 ans.  Mais, une année plus tard, le rendement de cet investissement était passé au-dessus des 20 % composé annuel sur 5 ans !

Source de l’image au haut de l’article : Toutlemenodedevraitparler.wordpress.com