Pascal Charpentier

Joyeux Noël

Après quelques années de hausse et un début de 2015 qui était bien parti, le tout a pris une mauvaise tournure cet été. Heureusement, le choix d’avoir investi massivement en devise américaine a été salutaire, mais la baisse des titres est venue contrebalancer nos gains sur la devise américaine. La confiance des investisseurs est donc plutôt basse présentement. Pourtant, le marché américain se transige sous la barre des 16 fois les bénéfices et il y a même une multitude de titres intéressants sous la barre des 10 fois les bénéfices, ce qui enthousiasme les investisseurs avertis.Inévitablement, les nombreuses aubaines sur les marchés vont finir par trouver preneurs car c’est seulement sur les marchés financiers que l’on peut espérer des rendements décents. En effet, malgré la récente petite hausse d’intérêt aux États-Unis, les taux sont encore anormalement bas, ce qui est positif pour les actions, car il n’y a pas de rendement à attendre à court et moyen terme et peut-être même long terme dans les obligations. Nous allons donc éventuellement assister à un ajustement sur de nombreux titres qui méduseront plusieurs observateurs. Bien sûr, la force du dollar US freinera pour un certain temps la rentabilité des compagnies américaines, mais éventuellement, ces dernières s’ajusteront .

Ce qui ressort surtout cette année aux États-Unis est le déséquilibre entre le marché en général et quatre titres que l’on nomme les « Fang ». Vous allez vous demander de quoi il s’agit. C’est l’abréviation pour Facebook, Amazon, Netflix et Google. Dans un marché sans direction, plusieurs investisseurs sont allés dans ces quatre titres afin de surfer sur leur croissance extraordinaire, phénomène similaire à l’explosion des technologies en 1999. Selon Bloomberg, Amazon a contribué à lui seul pour 24% de la hausse de 2015 sur le Standard & Poor’s 500. Sans l’explosion de ces quatre titres, l’indice aurait donc souffert bien davantage.

Avec un cours-bénéfice de 966 fois pour Amazon, 312 fois pour Netflix, 105 pour Facebook et 36 fois pour Google, on peut toutefois s’interroger sur la pertinence et la perspective à moyen terme de ces quatre investissements. Les probabilités sont importantes qu’il y ait un déplacement de capitaux au cours des prochains trimestres car l’écart de rendement sur les bénéfices entre ces compagnies aux ratios complètement démesurés et celles avec des ratios alléchants est tel que cela forcera un transfert. Et quand les titres valeur s’envoleront, la majorité des observateurs vont dire qu’au prix où ils se transigeaient, c’était évident que ça allait se produire. Mais pour l’instant, peu de gens en parlent. D’ailleurs, lorsque vous observez les meilleurs investisseurs de tous les temps qui parlent très peu en ce moment, vous voyez qu’ils accumulent par millions des titres déprimés, un peu comme ce fut le cas lors de la bulle des technologies en 1999-2000, alors qu’une multitude de titres valeur se donnaient. Lorsque la bulle de technologie a éclaté en 2000, nous avons assisté dans les mois qui ont suivi à un des rallyes les plus spectaculaires sur les titres valeur. Et entre vous et moi, la situation actuelle ressemble étrangement à celle de cette époque.

Un joyeux Noël à tous !

Je serai de retour le 6 janvier.