Pascal Charpentier

Le dollar…

Voici un des graphiques que Scott Barlow du Globe and Mail a utilisés hier matin afin de démontrer l’anomalie actuelle quant à  la force du dollar canadien.  Normalement, lorsque l’écart se creuse entre le rendement des obligations des États-Unis et du Canada, cela a un impact immédiat sur les devises: le pays qui a le rendement le plus fort voit automatiquement sa devise s’apprécier. Sur le graphique de monsieur Barlow, la courbe grise (qui va avec les données de gauche) illustre le parallèle entre notre devise et la devise américaine. La ligne rouge (qui va avec les données de droite), illustre l’écart de rendement entre les obligations gouvernementales canadiennes de 2 ans  et celles des rendements des obligations américaines de 2 ans. En regardant le graphique, on voit bien que les 3 derniers mois ont été en contradiction avec la norme, l’écart ayant même augmenté.  Notre dollar aurait dû suivre l’écart de rendement, ce qui l’aurait placé autour de 0.71$. Il est difficile d’expliquer ce décalage, l’effet Trump n’étant peut-être pas à sous-estimer. Ce dernier a en effet répété à plusieurs reprises qu’il trouvait la devise américaine trop forte. Le marché reste sûrement prudent devant ce président expéditif, dont les propos ne sont pas anodins et qui donne l’impression  de quelqu’un qui veut se donner de la marge quant au futur proche de sa devise.  Il se doute  très bien que les États-Unis vont avancer avec un erred’aller économique que bien d’autres pays ne pourront pas suivre, ce qui risque inévitablement d’attirer les capitaux étrangers aux États-Unis et mettre de la pression supplémentaire sur leur dollar . De plus, lacorrélation historique entre les phénomènes présentés dans le graphique devrait éventuellement se rétablir,  dans quel cas, il faut s’attendre à  voir notre dollar baisser.