Pascal Charpentier

Suivi sur GM

Jusqu’à la fin de l’été, le marché considérait GM comme un dinosaure. Bien que ses profits aient explosés au cours des dernières années, personne n’y croyait, comme si le marché était incapable de voir toutes les transformations qui avaient mises en place au cours des dernières années. Encore peu de personnes sont au courant que GM est une des compagnies les plus avancées dans la technologie et la fabrication de batteries, avec Tesla et Panasonic. Au lieu d’être une victime dans la révolution du secteur de l’automobile, elle a choisi d’être à l’avant-plan, avec l’intention de produire 20 nouveaux modèles électriques d’ici 2023. De plus, elle est capable de produire 10 millions d’automobiles par années, contre 100 000 pour sa compétitrice Tesla ; elle est donc en meilleure position pour fournir à la demande.

Lorsque le titre a commencé à s’emballer en septembre, les analystes ont fait la queue pour réviser leur cible sur GM. Depuis, comme un troupeau, tous les analystes se sont mis à s’emballer sur le titre de GM. Plus le titre monte, plus le nombre de prédictions positives s’accumule… Tranquillement, l’entreprise commence même à être perçue comme une compagnie de High Tech. Bien que le titre de la compagnie se soit apprécié de 43% depuis un an, il se transige encore à seulement 7,3 fois les bénéfices ! Les probabilités sont donc importantes à partir de maintenant pour voir le multiple payé s’apprécier encore. Comme vous avez pu le constater avec mon exemple de Walgreen de 2011 à 2014, les gains spectaculaires ont été produits lorsque le marché a décidé de payer un multiple du double d’où il était 3 ans auparavant. Cela devient très intéressant d’imaginer jusqu’à quelle hauteur le marché pourrait payer pour un GM révolutionnaire.

Image du haut: Self-driving cars: Lyft and GM will develop on-demand network of autonomous vehicles – TomoNews – YouTube

Pascal Charpentier

Quand le politique s’en mêle…

Depuis qu’Hillary Clinton a promis, à l’été 2015, de s’attaquer au prix des médicaments en créant une loi fédérale permettant l’imposition de pénalités pour les hausses de prix injustifiées des médicaments,, le secteur pharmaceutique est malmené en bourse.  Valueline, Pharmacy Services Industry, september 15, 2017. Les titres de ce secteur se transigent actuellement  à leur plus bas niveau des dernières années. La correction s’est aussi étendue aux distributeurs et aux vendeurs de produits pharmaceutiques. Pourtant, le secteur n’est pas aux prises avec un problème fondamental de baisse de rentabilité ou de réduction de clientèle. Il est aux prises avec un président élu qui a aussi promis de réduire le prix des ordonnances. Présentement, aucune modification n’a été faite à ce sujet, mais les titres, eux, ont corrigé sévèrement. La peur s’est emparée du secteur.

Dernièrement, il y a eu une autre petite correction sur les titres de pharmacie lorsque la compagnie Amazon a manifesté de l’intérêt pour entrer dans la danse de produits pharmaceutiques. Mais soyons honnêtes, on ne vend pas des médicaments comme on vend des livres. Il s’agit d’un secteur avec beaucoup de contraintes et très légiféré et il semble encore assez difficile de rencontrer un pharmacien de façon virtuelle.

Tous ces phénomènes ont eu pour effet de faire baisser de façon importante le prix des actions des compagnies spécialisées dans la vente de produits pharmaceutiques. Les distributeurs de produits pharmaceutiques comme McKesson et  vendeurs comme CVS ont perdu plus du tiers de leur valeur en bourse depuis la sortie de Madame Clinton, et ce, même si leurs profits ont progressé respectivement de 22% et 14% au cours de la période. Résultat : le cours/bénéfice payé pour la compagnie McKesson a chuté de moitié en 2 ans, passant de 22 fois à 11 fois.( voir fiche financière de Mckesson de Valueline sur le pdf)

Au même moment, ici, au Canada, l’achat du groupe Jean Coutu par la compagnie Métro nous apporte un éclairage fort intéressant sur la valorisation d’une compagnie spécialisée dans la vente en détail de produits pharmaceutiques. Métro est reconnu pour ses qualités de gestion et ses acquisitions fructueuses. On peut alors se demander les raisons pour lesquelles elle a accepté de payer 24 fois les profits d’une pharmacie qui ne connaissait plus de croissance depuis 6 ans. Voire fiche financière de Jean-Coutu Valueline, sur pdf Bien sûr, on peut penser à l’économie d’échelle et à la rationalisation d’activité commune. Mais le coût élevé de la transaction s’explique davantage par les forces de ce secteur, dont la principale est que la vente de produits pharmaceutiques est une chasse gardée des pharmaciens. En effet, personne ne peut s’improviser pharmacien et vendre en ligne des ordonnances médicales.

Pourtant, à voir le prix auquel se transigent les actions des pharmacies américaines, nous avons l’impression que le marché a oublié les avantages économiques indéniables que détiennent les pharmaciens.  Lorsque l’on regarde les rendements que la compagnie Métro a obtenus au cours des dernières années, nous aurions avantage à nous fier au jugement éclairé de leurs gestionnaires plutôt qu’à celui de la moyenne des investisseurs boursiers. S’ils ont accepté de payer ce prix pour un bon pharmacien, ne serait-il pas logique d’investir dans un excellent pharmacien américain qui se transige à seulement 11 fois ses bénéfices ?

Les titres des pharmacies américaines sont actuellement sous-évalués. Et ce n’est pas la première fois que cela se produit. Après la crise financière en 2011, on pouvait mettre la main sur la compagnie Walgreen pour 30$ l’action. Le titre se transigeait alors aussi à seulement à 11 fois ses bénéfices. Quelques mois plus tard, le hasard a souri et la compagnie achetait un concurrent anglais du nom de Alliance Boot. Dans les 3 années qui suivirent, le titre a littéralement exposé. Propulsé par une croissance importante des bénéfices mais surtout par un marché qui a accepté de payer 22 fois les bénéfices de l’entreprise, ayant pour résultat que le titre avait triplé au bout de 3 ans.  Voir fiche financière  Walgreen de valueline sur pdf.

Bien que l’on ne puisse pas anticiper à nouveau un scénario aussi spectaculaire, nous pouvons quand même en déduire que les compagnies dans le secteur méritent une évaluation bien supérieure au prix auquel elles se transigent présentement. Cela fait des années que le secteur n’a pas offert autant de plus-value. Il s’agit d’un secteur consolidé, en croissance, et où les petits joueurs sont disparus. Avec  près de 10,000 points de vente par joueur, cela prendra des années à un compétiteur du genre Amazon pour déstabiliser le secteur pharmaceutique.

pol2

Sources des images: South Park Archives et Chicagology.com