Atnaé Lussier

Napoleon Hill est un illustre formateur professionnel et auteur à succès des années 30. Il fut également conseiller particulier de plusieurs sommités et de deux présidents des États-Unis. Son œuvre la plus célèbre, « Réfléchissez et devenez riche », est devenue un bestseller mondial et une référence dans le domaine du développement personnel.

Selon la légende, lors d’une rencontre avec la magnat de l’acier Andrew Carnegie au début du XXème siècle, ce dernier lui aurait suggéré d’interviewer 500 hommes et femmes ayant réussi afin de découvrir les clefs du succès.

Hill s’attaqua à cette tâche colossale et y consacra 20 ans de sa vie. Cette grande enquête lui permit de déceler des pistes sur les mécanismes mentaux des humains. Une des conclusions qu’il en tira est qu’un trait commun des grands bâtisseurs des États-Unis est leur inébranlable résilience, leur permettant de garder le cap peu importe les défis et obstacles rencontrés.

Avec « Plus malin que le diable » (Outwitting the Devil), ce qui a d’emblée de quoi intriguer est l’écart de 73 ans entre la rédaction du livre et sa publication. Mais à la lecture de l’oeuvre, on peut comprendre que les propos de l’auteur puissent avoir eu de quoi choquer une Amérique encore très puritaine dans les années 30.  Ce serait même l’épouse de Hill qui l’aurait prié de ne pas publier cet ouvrage, lequel consiste en un long dialogue entre l’auteur et le diable.

C’est dans cette mise en scène originale que l’auteur cherche à soutirer aux diable les secrets qui lui permettent de contrôler les humains. Celui-ci ne veut d’abord pas révéler ses astuces, mais à force d’insistance et de persévérance, Hill réussit à le faire parler.

Les révélations du diable sont d’une actualité déconcertante. En effet, l’auteur a écrit cet ouvrage percutant à l’aube de la 2ème guerre mondiale, au sein d’une société aux prises avec l’incertitude et les doutes.

Le malin nous y parle de son arme favorite sur Terre : la peur. Une fois installée chez un humain, la peur peut lui faire abandonner ses talents et ses rêves. De plus, elle est contagieuse et permet au diable d’orchestrer les grandes dérives collectives de nos sociétés. Ce dernier affirme que seule une minorité des humains réussit à s’esquiver de son emprise. Ce sont ceux qui réfléchissent par eux-mêmes et restent imperméables à tout ce qui est véhiculé dans la société, et ce, même au cœur des mouvements collectifs de panique. À travers cette conversation imaginaire, l’auteur nous aide à mieux comprendre les schèmes de pensée collective qui gèrent les mouvements de notre monde et à développer les outils pour s’en libérer.

Il y a un grand parallèle à faire avec le monde financier qui, plus que jamais, est concentré dans une forme d’investissement unique. Pourtant, comme l’investissement nous demande constamment de prendre des décisions capitales pour l’avenir de notre patrimoine, il est essentiel d’aiguiser notre sens critique. L’œuvre de Hill, étonnamment moderne, me semble un incontournable pour mieux se connaître, comprendre l’environnement qui nous entoure et nourrir notre capacité à réfléchir par soi-même.

Cette information a été préparée par Pascal Charpentier qui est un gestionnaire de portefeuille pour l’Industrielle Alliance Valeurs mobilières inc. Les opinions exprimées dans le présent article sont celles du gestionnaire de portefeuille uniquement et ne reflètent pas nécessairement celles de l’Industrielle Alliance Valeurs mobilières inc. Industrielle Alliance Valeurs mobilières inc. est membre du Fonds canadien de protection des épargnants et de l’Organisme canadien de réglementation du commerce des valeurs mobilières.

Vous avez aimé cet article? Partagez-le!