Pascal Charpentier
AYA Gold & Silver

L’odyssée d’un comptable

Voici l’histoire de Benoît La Salle, PDG de la compagnie AYA Gold and Silver. En 1994, ce comptable agréé montréalais et professeur de finance corporative à l’Université McGill se retrouve au Burkina Faso dans le cadre d’un voyage avec une fondation caritative canadienne dans laquelle il s’implique. Seul francophone de l’équipe, il tisse un lien avec le président du pays, Blaise Compaoré, qui reçoit le groupe. Dans une conversation, ce dernier lui communique son désir de mettre en valeur le sous-sol de son pays qui, bien que riche d’histoires d’orpaillage millénaires, ne compte aucune mine moderne.

« Je ne comprends pas la géologie, Monsieur le président, je suis comptable… Mais je peux revenir avec un géologue et ensemble, nous essaierons de comprendre pourquoi il n’y a pas de mines dans votre pays. », répond Monsieur La Salle.

Là-dessus, Benoît La Salle, animé par le défi proposé, convainc son associé comptable, Yves Grou, de se lancer dans l’aventure avec lui. Il réussit aussi à trouver, non sans résistance, un géologue disposé à se joindre à la petite équipe. La Salle revient finalement au Burkina Faso l’année suivante. Il se retrouve alors dans les voûtes d’archives de la bibliothèque d’État à la recherche de vieilles cartes empilées au fond de grosses boîtes. Pendant des heures, à quatre pattes dans la salle des archives, Benoît étudie les cartes.

SEMAFO

L’État accorde à La Salle 18 permis d’exploration de gisements aurifères, lui permettant de fonder dès 1994 la société SEMAFO. La société minière, basée à Montréal, sera éventuellement rachetée par Endeavour Mining en 2020. Entre temps, elle a lancé 4 mines et a produit plus de 3 millions d’onces d’or. Au cours de cette période, certains actionnaires ont multiplié leur mise de fonds par 60 fois, faisant de ce premier projet une immense réussite. Précurseur, SEMAFO a grandement contribué à l’essor de l’industrie aurifère en Afrique de l’Ouest (Burkina Faso, Niger et Guinée). En 2009, La Salle a également créé la Fondation SEMAFO, organisme de bienfaisance visant à soutenir les employés des mines, leurs familles et leurs villages. [1]

Force est d’admettre que le comptable a très bien réussi dans un domaine difficile. Reconnu par son entregent et ses valeurs communautaires, il a su appliquer des principes d’affaires rigoureux tout en aidant concrètement les communautés locales partout où il est passé. C’est sans doute avec cette recette magique qu’il a pu créer autant de valeur pour ses actionnaires.

Le Maroc

Après la vente de SEMAFO, Benoît La Salle se transpose au Maroc et devient le nouveau PDG de MAYA Gold and Silver. Cette société d’exploitation minière a un énorme potentiel mais souffre alors d’une gestion non efficiente. Le siège social déménage à Montréal et La Salle s’attaque à la restructuration de l’entreprise, alors renommée AYA Gold and Silver. Il fallait du courage et de la vision pour s’établir au Maroc, alors que le pays n’était pas encore sur les radars des grands investisseurs. Avec ce projet, l’homme d’affaire se retrouve dans la même situation qu’un entrepreneur qui serait arrivé au Texas en 1900 pour exploiter le pétrole : le sol regorgeant de ressources, des cartes géologiques existantes— mais personne n’ayant encore osé forer.

Cinq facteurs expliquent le retard de développement minier au Maroc :

  • Il n’y a eu aucun transfert technologique ou de connaissances à la suite de la fin du colonialisme français (1912–1956).
  • Le Groupe OCP, entreprise publique marocaine, détient un monopole sur l’exploitation du phosphate au pays. Sa production représente70 % des réserves mondiales. L’État a mis tout son focus sur cette industrie.
  • Jusqu’à tout récemment, on n’avait pas encore cartographié la géologie marocaine. L’ONHYM n’a réalisé de relevés sérieux qu’à partir des années 2000–2010.
  • Le code minier, archaïque et désuet, n’a été réformé qu’en 2015, bloquant jusqu’alors l’accès au capital international.
  • La barrière linguistique (franco-arabe) fait obstacle aux relations d’affaire, tandis que le capital junior minier est anglophone (TSX/TSXV).

L’avantage concurrentiel d’Aya est d’être arrivée la première. Elle a ouvert la porte à un secteur minier marocain qui n’en était qu’à ses balbutiements.

Zgounder et Boumadine

En 2024, AYA débute un projet majeur d’expansion commerciale de la mine d’argent de Zgounder, située dans le Haut Atlas marocain. Avec sa transition vers une exploitation à ciel ouvert et la construction d’une nouvelle usine de pointe, la mine voit sa production exploser et devenir en peu de temps un fleuron mondial de la production d’argent. Elle produit environ 6 millions d’onces d’argent par année. Ses flux de trésorerie libres du 1e trimestre 2026 ont été de 70 millions de dollars.

Quant au projet de Boumadine, il s’agit d’une mine aurifère déjà connue à l’époque romaine mais qui n’a jamais été véritablement exploitée. D’importantes campagnes de forage depuis 2022 ont permis de constater que les réserves d’or dans le sol de cet immense territoire étaient beaucoup plus importantes que prévu. En réalité, il s’agit sans doute d’un des gisements les plus importants au monde. Le début de la production est prévu entre 2029 et 2031 et est estimée à 37,5 millions d’onces d’argent équivalent par année! Ce qui est incroyable, c’est que ce sont les profits de Zgounder qui financent exclusivement le projet Boumadine. Les investisseurs obtiennent donc Boumadine sans en payer le prix. [2]

AYA Gold and Silver

Mine “verte”

Il vaut la peine de mentionner que la compagnie AYA Gold and Silver porte le libellé « mine verte ». En effet, elle se positionne comme leader au niveau des critères ESG (volet environnemental, social et de gouvernance). Elle récupère plus de 85% de sa production d’eau et fonctionne à l’électricité solaire et éolienne. Elle a de plus été sélectionnée par la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement) pour une collaboration financière. Cela lui permettra d’optimiser encore davantage la gestion de l’eau et les déchets miniers. De plus, les employés comme les cadres proviennent en très grande majorité des communautés locales. [3]

Blue Orca, septembre 2025

En septembre 2025, l’action d’AYA Gold and Silver, victime d’un rapport du vendeur à découvert Blue Orca, a chuté temporairement de 17,11$ à 11,95$, avant de remonter à 17,50$ en quelques jours (Yahoo Finance) [3]. Benoît La Salle a acheté des actions durant cette correction, ce qui envoie un signal fort d’alignement entre les intérêts du PDG et les intérêts des investisseurs. L’action se transige actuellement autour de 28$ (29 mai 26, Yahoo Finance).

Contexte macro — Un vent favorable structurel

L’or et l’argent ont de fortes chances de continuer de s’apprécier grandement dans le contexte de dévaluation monétaire actuelle. Plusieurs forces convergentes soutiennent cette thèse :

  • Les grandes banques centrales ont collectivement émis des montants sans précédent depuis 2020, érodant la valeur réelle des devises fiduciaires.
  • La Banque Populaire de Chine accumule l’or depuis 18 mois consécutifs (74,64 millions d’onces estimées au 30 avril 2026). Au même moment, les fonds souverains du Golfe, réduisent leur exposition aux obligations américaines.
  • Il y a un déficit structurel de l’argent depuis 5 ans: la demande industrielle (solaire, véhicules électriques, électronique) croît plus vite que l’offre minière.
  • Le ratio or/argent se trouve à des records historiques : l’argent ne représente que 1,6 % du prix de l’or (versus 6,5 % en 1980). Il devrait au minimum doubler pour retrouver les niveaux de 2011.
  • AYA est doublement positionnée : l’argent avec Zgounder, et l’or avec Boumadine.

Conclusion

En résumé, AYA Gold and Silver bénéficie d’une double exposition or/argent au moment où ces deux métaux amorcent ce qui pourrait être leur plus grande hausse depuis les années 1970. Son PDG Benoît La Salle, cet entrepreneur-philanthrope increvable qui a multiplié les succès dans l’industrie depuis plus de 30 ans, nous réserve sûrement encore de belles surprises pour la suite d’AYA.

Pour plus d’informations, nous vous conseillons fortement d’écouter cette entrevue avec Benoît La Salle par le canal Matière à profit (en français), ou celle par Rick Rule (en anglais)

https://www.youtube.com/watch?v=DG2a-k0849Y en français

https://www.youtube.com/watch?v=f153xdeu5_Y en anglais

Autres sources :

https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2026-03-31/metaux-precieux/le-decollage-reussi-d-aya-or-et-argent.php

https://www.ayagoldsilver.com/about/who-we-are


[1] CA Magazine, août 2010

[2] Rapport Aya Gold & Silver – Resource Growth, Production & Discovery Cost Analysis (2020–2026E)

[3] https://www.youtube.com/watch?v=DG2a-k0849Y


CONTACT


 

Ne manquez aucun article, inscrivez-vous à notre infolettre!

Partager / Share