Pascal Charpentier

Même si les statistiques économiques américaines n’ont pas été si mauvaises dernièrement, les consommateurs ont été emportés par un vent mondial de scepticisme qui a engendré beaucoup de peur, sentiment qui n’a jamais quitté les investisseurs depuis la dernière grande crise financière que nous avons vécue. Les épargnants sont restés à fleur de peau avec leurs placements, avec pour résultats que lorsqu’ils sont inquiets, ils retirent leur argent des marchés et c’est ce qui est arrivé en 2016. Les innovations en technologie de l’information véhiculent aujourd’hui les émotions à la vitesse de la lumière. On aurait pu croire que l’accès à plus d’information aurait permis aux individus d’augmenter leur capacité à prendre de meilleures décisions, mais le fait est d’admettre que ces nouveaux outils n’ont pas rendu les individus plus rationnels.

Selon Patrick O’Shaughnessy, de O’Shaughnessy Asset Management, il est vraiment difficile pour les êtres humains d’agir de façon rationnelle avec leurs avoirs. Les réactions émotives fréquentes finissent par déstabiliser le système nerveux des investisseurs, ce qui sabote leurs capacités à prendre de bonnes décisions. Comme l’ont démontré les résultats de la firme de recherche Dalbar en 2014, les investisseurs moyens américains ont eu un rendement annuel composé de 2,5% au cours des deux décennies de 1993 à 2013. Ce faible rendement démontre une pathologie commune à la majorité des épargnants : la plupart gardent rarement leurs titres sur plusieurs années. Quand les marchés sont bas et déprimés et que les nouvelles sont mauvaises, ils se débarrassent de leurs positions et réintègrent les marchés seulement lorsque les nouvelles s’améliorent. Ils font exactement le contraire de ce qu’il faut faire pour maximiser ses rendements.

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Source: Businessinsider.com

Toujours selon la firme O’Shaughnessy, les ralentissements économiques sont propices aux meilleures occasions d’investissement. Selon eux, une période comme nous vivons en ce moment serait favorable à la sélection de titres individuels. Pendant ces périodes, ce ne sont plus les stimulations économiques qui propulsent les titres, mais plutôt les fondements intrinsèques des compagnies. Les titres avec le plus de fondements offrent alors un solide avantage mathématique par rapport à la moyenne des titres du marché. Prenons l’exemple de la compagnie General Motors. Cette dernière offre actuellement trois fois plus de bénéfices sur le prix de son action que la moyenne des titres du marché américain. Le marché est donc loin d’être en équilibre. Cet exemple fait l’illustration du fait que plusieurs titres ont des ratios de rendement exceptionnellement avantageux et offrent un potentiel d’augmentation au-dessus de la moyenne. Ces titres avec beaucoup de valeur fondamentale ont le potentiel de déclasser de façon spectaculaire les titres moyens et chers du marché. À ce sujet, la firme de placement O’Shaughnessy démontre qu’en période de ralentissement économique, l’écart de rendement annuel serait de 11,5% entre le 10% de compagnies ayant le plus de fondements versus le 10% de compagnies ayant le moins de fondements. Ironiquement, pour la majorité des investisseurs, les titres valeur opèrent leur magie lorsque les épargnants moyens commencent à éprouver un malaise à rester sur les marchés. Par conséquent, le fait de maintenir le cap sur les titres avec beaucoup de fondements permet de générer des rendements substantiels supérieurs. Ces titres donneront leur meilleur alors que les marchés sembleront aller nulle part. Un peu comme Uni-Select a fait en 2015.

Sources: Report on business du 8 juin 2016 , Stay focused on the fundamentals de John Reese. Millennial Money, Patrick O’Shaughnessy, 2014.
Image du haut: Appliedvisionworks.com

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