La fin octobre a été éprouvante pour le secteur des métaux précieux, qui ont subi une volatilité inhabituelle. Loin d’être un signal d’alarme, cette phase de consolidation nous offre une nouvelle opportunité d’entrée pour l’or et l’argent, dont les fondamentaux n’ont jamais été aussi solides. Par ailleurs, ce recul passager a un effet minime sur les rendements de 2025 qui demeurent extraordinaires. Selon moi, le secteur ne fait que reprendre son souffle suite au rallye intensif des derniers mois, avant de repartir de plus belle.
Historiquement, les métaux précieux ont souvent connu des consolidations abruptes avant leurs plus fortes hausses. Toutes les raisons pour investir dans ce secteur sont encore bien présentes, comme nous le verrons ensemble ici.
Un contexte monétaire mondial à bout de souffle
Le système financier mondial repose aujourd’hui sur un capitalisme de dette : création monétaire, crédit, obligations et levier financier. La dette mondiale croît beaucoup plus vite que la production réelle, ce qui déséquilibre la structure même du système, engendrant des bulles, une perte de confiance et une instabilité croissante. Les banques centrales, désormais piégées, doivent continuellement monétiser la dette via des politiques de « quantitative easing » permanentes pour remplacer les créanciers désormais insuffisants.

Ce modèle ne peut durer indéfiniment. Nous vivons la transition d’un système fondé sur la dette vers un système fondé sur les actifs tangibles : ressources naturelles, énergie, terres agricoles, et surtout, métaux précieux.
C’est précisément dans ce contexte que l’or et l’argent retrouvent leur rôle historique de piliers monétaires, en remplacement du dollar américain qui n’a plus la crédibilité nécessaire pour assumer ce rôle. Les banques centrales des grandes puissances orientales ont pris les devants en remplissant leurs voûtes de métaux précieux. Depuis peu, on voit certains investisseurs institutionnels occidentaux emboîter le pas en surpondérant timidement leurs allocations en métaux précieux. Malgré cela, les investisseurs ont boudé ce secteur dans les dernières décennies et l’allocation en métaux précieux de l’ensemble des actifs demeurent actuellement la plus basse de tous les temps. Le renversement de tendance qui s’amorce à peine aura un impact majeur sur les prix.

L’argent à la veille d’une réhabilitation mondiale
Dans cette transition, l’argent semble vouloir occuper un rôle monétaire aux côtés de l’or, ce qui confère au métal gris un potentiel énorme qui se démarque parmi tous les métaux. D’ailleurs, plusieurs pays du BRICS accumulent désormais non seulement de l’or mais aussi de l’argent.
En ce sens, un tournant majeur se prépare : l’Inde, probablement le plus grand détenteur d’argent physique au monde, s’apprête à reconnaître l’argent comme garantie bancaire à partir d’avril 2026. Concrètement, cela signifie que l’argent deviendra un collatéral bancaire officiel, au même titre que l’or. Cette réforme, initiée par la Reserve Bank of India, marque un changement de paradigme historique : elle fera de l’argent non plus seulement un métal industriel, mais un métal monétaire formalisé, ancrant la base de crédit du pays.
L’Inde, autrefois affaiblie par la démonétisation de l’argent imposée par l’Occident au XIXe siècle, ferme aujourd’hui une boucle historique en réhabilitant le métal gris. Ce geste symbolique et stratégique ouvre la voie à une nouvelle ère de prêts adossés à l’argent, d’expansion industrielle et de stabilité monétaire.
Un tel mouvement, venant d’une puissance démographique et industrielle majeure, pourrait remodeler la finance mondiale.
Les signaux du terrain : pénuries et tensions physiques
En tant que métal industriel stratégique, l’argent miné ne suffit plus à combler la demande pour la 5e année consécutive et les stocks physiques fondent d’année en année.

Le 10 octobre dernier, le marché au comptant de Londres, le plus important au monde pour l’argent, a été paralysé pendant plus d’une heure à cause d’une pénurie de métal disponible.
Selon les chiffres de la LBMA, jusqu’à 700 millions d’onces d’argent s’y échangent chaque jour, représentant des milliards d’onces de droits de propriété. La disponibilité du métal s’est soudainement révélée insuffisante pour répondre à la demande des contrats qui ont demandé la livraison physique, de plus en plus nombreux. Des banques chinoises auraient prêté du métal à Londres pour éviter un défaut, à des taux d’intérêt équivalant à 200 % annualisés. Une telle chose sera difficilement reproduisible dans l’avenir puisque la semaine dernière, le gouvernement chinois a émis une note à l’effet que les exportations du précieux métal brillant seraient désormais sous restriction. Nous nous dirigeons sous peu vers un moment où le vrai métal argent déterminera le vrai prix de l’argent et non plus les contrats financiers ou les produits dérivés qui ne représentent que de l’argent sur papier.
Les compagnies minières : championnes actuelles de l’investissement valeur
Les récents résultats du dernier trimestre des compagnies aurifères ont montré avec éclat que des grandes sociétés de ce domaine se transigent encore à des ratios excessivement bas de 5,5 fois les profits d’opération alors que ce ratio pourrait facilement être de 10 à 15 fois. On retrouve dans le secteur aurifère (or et argent) de véritables aubaines en ce moment, alors qu’on peine à en trouver dans les autres secteurs de la bourse, actuellement très chère.
Avec le prix des métaux qui monte, les marges de ces compagnies affichent elles aussi une croissance impressionnante. Les prix ne reflètent pas encore cette situation.

Une opportunité stratégique
Dans ce contexte, nos positions — qu’il s’agisse des fiducies de métaux physiques ou de nos sociétés minières sélectionnées sur le volet — sont loin d’être de l’ordre de la spéculation. Au contraire, il s’agit d’un positionnement stratégique de prudence dans un monde économique en mutation.
La volatilité à court terme n’altère en rien les fondations du marché :
- Les déficits d’offre demeurent structurels, en particulier pour l’argent.
- La demande des banques centrales pour l’or et l’argent reste record et les investisseurs institutionnels occidentaux commencent à emboîter le pas.
- Les réformes monétaires émergentes (Inde, BRICS, Afrique, Moyen-Orient) confirment le retour aux actifs réels.
- Et les pénuries physiques à Londres signalent qu’un réajustement profond des prix est inévitable.
En conclusion, les replis récents doivent être perçus non comme un risque, mais comme une fenêtre de renforcement. Nous restons convaincus que les métaux précieux et les entreprises qui les extraient sont aujourd’hui au cœur de la transition monétaire mondiale.
N’hésitez pas à communiquer avec nous pour découvrir notre offre en placement. Il nous fera plaisir de vous aider à saisir des opportunités sur les marchés financiers.
Cette information a été préparée par Pascal Charpentier qui est un gestionnaire de portefeuille pour iA Gestion privée de patrimoine inc. et ne reflète pas nécessairement l’opinion de iA Gestion privée de patrimoine inc. L’information contenue dans le présent bulletin provient de sources jugées fiables, mais nous ne pouvons pas garantir son exactitude ni sa fiabilité. Les opinions exprimées sont fondées sur une analyse et une interprétation remontant à la date de publication. Elles peuvent changer sans préavis. De plus, elles ne constituent ni une offre ni une sollicitation d’achat ou de vente des titres mentionnés. L’information contenue dans le présent document peut ne pas s’appliquer à tous les types d’investisseurs. Le gestionnaire de portefeuille ne peut ouvrir des comptes que dans les provinces où il est inscrit.
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